Actifed, Humex… Quelle est l’efficacité de ces médicaments contre le rhume ?

Actifed, Humex… Quelle est l’efficacité de ces médicaments contre le rhume ?
02 Oct. 2023

Selon les déclarations de la Food and Drug Administration (FDA), il est suggéré que les médicaments destinés à traiter les symptômes du rhume pourraient présenter une faible efficacité, voire potentiellement poser des risques pour la santé.

Les médicaments couramment utilisés pour le traitement du rhume, tels que Actifed, Dolirhume, Humex et Rhinadvil, sont remis en question quant à leur efficacité. La Food and Drug Administration (FDA), l'organisme américain de régulation des médicaments, s'est penchée sur cette question lors de son comité consultatif des 11 et 12 septembre 2023.

L'objet de l'examen portait spécifiquement sur l'efficacité d'un composant actif fréquemment présent dans les médicaments en vente libre contre la toux et le rhume : la phényléphrine, lorsqu'elle est administrée par voie orale. La phényléphrine appartient à la catégorie des vasoconstricteurs et est généralement recommandée pour soulager temporairement la congestion nasale. Elle peut être utilisée soit en tant qu'ingrédient principal, soit en combinaison avec d'autres composants.

Cependant, à la lumière des "nouvelles données" présentées au comité consultatif, il semble désormais évident que l'administration de phényléphrine par voie orale n'apporte aucun bénéfice significatif (notons que l'efficacité de la phényléphrine administrée par voie nasale n'a pas été étudiée, précise-t-on).

 

Quels sont les médicaments en question ?

En France, la phényléphrine n'est pas disponible sous forme orale. Au lieu de cela, la pseudoéphédrine, un autre vasoconstricteur ayant un mécanisme d'action similaire visant à décongestionner le nez, est couramment utilisée, comme l'explique l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Ce type de médicament est généralement associé à un analgésique (comme le paracétamol ou l'ibuprofène) ou à un antihistaminique. Il est important de noter que certains de ces médicaments, qui se présentent sous forme de comprimés à base de pseudoéphédrine, sont disponibles sans ordonnance, conformément aux directives de l'organisme de santé.

Parmi les médicaments qui contiennent de la pseudoéphédrine, on peut citer les suivants :

  • Actifed Rhume
  • Actifed Rhume jour et nuit
  • Dolirhume Paracétamol et Pseudoéphédrine
  • Dolirhumepro Paracétamol Pseudoéphédrine et Doxylamine
  • Humex Rhume
  • Nurofen Rhume
  • Rhinadvil Rhume Ibuprofène/ Pseudoéphédrine
  • Rhinadvilcaps Rhume Ibuprofène/ Pseudoéphédrine
  • Rhinureflex
  • Rhumagrip

 

Comment ces médicaments agissent-ils sur les symptômes ?

Cependant, lorsqu'ils sont utilisés pour atténuer la sensation de congestion nasale en provoquant la constriction des vaisseaux sanguins, réduisant ainsi le gonflement de la muqueuse nasale, ces médicaments ne ciblent que les symptômes du rhume, sans toutefois avoir d'impact sur la durée de l'infection respiratoire.

Les autorités de santé en France mettent en avant l'importance de laisser le rhume suivre son cours naturel, soulignant que la maladie tend à se résoudre d'elle-même en une période de sept à dix jours sans nécessiter de traitement. Par conséquent, l'usage précoce de médicaments contenant ces substances ne présente que peu d'utilité et d'efficacité, une perspective également soutenue par la Société de pneumologie de langue française dès l'année 2020.

 

Potentielles complications sévères

De plus, ces vasoconstricteurs peuvent engendrer des problèmes de santé graves, dont certains sont rares mais très sérieux, tels que des infarctus du myocarde ou des accidents vasculaires cérébraux. Cette mise en garde a été émise par l'ANSM depuis 2020, qui fournit des fiches d'orientation pour aider les patients et les pharmaciens à naviguer dans cette problématique.

La revue Prescrire a également répertorié ces substances sur sa liste des médicaments à éviter dans son bilan de 2023. Ce bilan, qui vise à documenter les médicaments présentant un risque plus élevé que leur utilité, a pour objectif d'aider à sélectionner des soins de qualité tout en minimisant les risques pour les patients.

En plus de la phényléphrine et de la pseudoéphédrine, d'autres décongestionnants administrés par voie orale ou nasale, tels que l'éphédrine, la naphazoline, l'oxymétazoline, le tuaminoheptane et la xylométazoline (qui n'est pas commercialisée en France), sont également mentionnés dans la revue Prescrire.

 

Retrait Imminent de Médicaments ?

De plus, l'ANSM recommande la prudence avant de recourir à un médicament vasoconstricteur, les réservant en tant qu'option de deuxième choix en cas de persistance des symptômes.

La question qui demeure pertinente est la suivante : pourquoi ces médicaments sont-ils toujours disponibles à la vente en France, malgré les dangers potentiels qu'ils présentent ? Il est important de noter que leur interdiction nécessiterait une réévaluation au niveau européen, comme l'a souligné Libération. Cette réévaluation est actuellement en cours auprès du comité de sécurité de l'Agence européenne des médicaments (AEM), comme l'a confirmé l'agence européenne.

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